La
cornemuse appartient à une
famille d'instruments étonnamment riche. Il en existe plus
de 90 types dans tous les pays européens ! La France
à elle seule compte
plus d'une quinzaine
de types de cornemuses.
Les nombreuses cornemuses existantes sont toutes conçues sur
les
mêmes principes et utilisent des composants identiques
:
Le
Binioù braz originel a en fait quasiment disparu. En fait, on a
désigné ainsi la cornemuse écossaise
ou "
bagpipe"
importée
puis légèrement
modifiée pour l'adapter aux joueurs de
Binioù-kozh (gamme et
doigtés spécifiques).
L'introduction massive de la
cornemuse écossaise se produit après la
Seconde
Guerre mondiale, au moment de
l'éclosion des
bagadoù. C'est à cette époque que
l'instrument reçoit le nom de
Binioù
bras (grand
biniou) ou
Binioù
nevez(nouveau
biniou),
en
opposition au
Binioù-kozh
(vieux biniou). Le
Binioù bras
est progressivement
adopté par tous les bagadoù. Cependant, au cours
des années 1965-1960 s'opère un retour aux
sources écossaises : Le
Binioù
bras disparaît peu
à peu au profit du véritable
Great
Highland bagpipe, aujourd'hui
communément appelé
en Bretagne
Binioù
bras.
LA
GRANDE CORNEMUSE
ECOSSAISE (Piob mhor en gaèlique):
Le
nom « officiel » de la cornemuse
écossaise est la
great
highland
bagpipe
(littéralement
grand sac à tuyaux des highlands). La cornemuse
écossaise a fait son apparition
il
y a près de
1000 ans, en
Écosse bien entendu. Elle n’avait à
l’époque qu’un seul bourdon
ténor, le deuxième (ténor aussi)
étant ajouté par les Irlandais et les
Écossais,
le troisième bourdon (basse) apparut entre le XVII
ème
et le XVIII
ème
siècle.
Les bourdons de la cornemuse jouent tous les 3 un si b.
Le levriad est
diatonique (les notes de la
gamme ne peuvent être altérées).
Du fait de cette gamme diatonique (non tempérée),
la cornemuse écossaise joue traditionnellement en si b
majeur voire en mi b majeur, bien que les bourdons restent en
si b. Cependant, les Bretons peuvent aussi joueur en si b mineur ou en
mi b mineur en plaçant des scotchs sur le levriad, qui
baissent la note concernée d'un demi-ton (voir les
adaptations du biniou bras!). De plus, la
récente
invention
des cornemuses en do permet
de jouer en do
mineur voire en sol mineur ou do
majeur grâce aux nouveaux bourdons, et au la b grave
transformé en sol. Des bourdons en fa et sol ont aussi
été
inventés mais sont encore peu utilisés.
On rencontre la cornemuse écossaise en solo, mais surtout
dans les
pipe-bands
répandus dans
le monde entier. En Bretagne, on la trouve en couple
avec la bombard,
parallèlement au couple traditionnel bombard-Kozh,
mais surtout dans les
bagadou.
La cornemuse écossaise reste cependant un instrument
relativement
limité en
raison de ses
bourdons qui obligent le joueur de cornemuse
à ne jouer que dans certaines tonalités et du
faible nombre de notes disponibles sur le levriad (9). De plus, du fait
de son
haut
niveau sonore
quasi-obligatoire, la cornemuse
écossaise est difficilement utilisable dans les morceaux
intimistes ou romantiques! Pour ce type d'intervention, mieux vaut
utiliser la cornemuse irlandaise qui s'y prête de
manière merveilleuse.....

Cornemuse
écossaise ou bagpipe

LA
CORNEMUSE IRLANDAISE (Pib-uilleann en gaélique, Uillean Pipes en anglais):
Les
premières traces de cornemuse en
Irlande permettent de remonter au
Xème
siècle, notamment
sur des sculptures des croix anciennes.
Concernant le
Uillean
pipes,
les premiers instruments sont apparus dès le
début du
XVIIIème
siècle. Ils
comportaient déjà un voire deux
régulateurs
(ténor, baryton). Les principaux fabricants connus
à
cette époque sont William Kennedy (1776), puis la
génération des Kenna (timothy 1800), John Egan
vers 1770.
Le nom "Union pipes" utilisé alors fut tout d'abord
attribué à la réunion du son produit
par le
chanter, les bourdons et les régulateurs, puis l'origine de
ce
nom fut interprété comme une déviation
du terme "
Uillean"
qui signifie coude en
Gaëlique, marquant ainsi le passage des cornemuses anciennes
à bouche, vers la cornemuse à soufflet.
Sa sonorité est
beaucoup
plus
douce que celle de la
cornemuse écossaise en raison de
son anche double moins rigide, ce qui lui permet de jouer à
l'octave. D'autre part, le Uillean pipes comporte une autre
différence essentielle, ses
régulateurs.
On nomme ainsi aujourd'hui un ensemble de trois excroissances
ressemblant aux bourdons mais reposant sur la cuisse du musicien (vers
la droite pour les droitiers) et sur lesquels sont disposées
des
clés. C'est en
appuyant
sur ces petites clés à l'aide de son poignet ou
du bord
de la main (tout en continuant de jouer sur le "chanter", le chalumeau)
que le musicien pourra produire un accompagnement à des fins
harmoniques, parfois même rythmiques, à sa
mélodie.
Le uillean pipes est considéré par tous les
amateurs de
musique traditionnelle irlandaise comme l'instrument se rapprochant le
plus de la
voix
humaine
grâce aux nombreuses possibilités
d'ornementations. C'est
sans doute pour cette raison qu'il génère
autant d'émotion
sur les
auditeurs, particulièrement sur les morceau lents
romantiques.
Durant ces moments magiques, ce sont tous les paysages d'Irlande qui
défilent sous nos yeux!!
Tout comme beaucoup d'autres cornemuses, l'instrument s'est
complexifié au cours du temps, essentiellement par
l'augmentation du nombre de régulateurs passant à
3 vers
1820 puis rapidement à 4 (double basse). De ce fait,
l'instrument ne peut être joué que assis!
Le pipe et les pipers furent à leur apogée avant
la
famine de 1847, on trouvait alors des pipers dans toutes les couches
sociales. C'était une profession très respectable
et la
demande était forte. A noter que nombre d'entre eux
étaient aveugles, le pipe était alors un moyen de
gagner
sa vie dignement malgré le handicap.
Comme pour bien d'autres cornemuses, le début du
XXème
siecle fut l'objet d'un
déclin
important tant au niveau de
la fabrication que du jeu.
Néanmoins, la pratique de l'instrument survécut
grâce à des associations telles que le the Gaelic
League
ou the Feis Ceoil.
Au niveau de la facture instrumentale, on peut néanmoins
citer
des fabricants comme Clarke et bien sûr la famille
Rowsome.
Leo Rowsome en particulier
contribua par son activité de lutherie et de promotion de
l'instrument à maintenir la tradition de cet instrument
vivante.
Il a notamment formé de très grands joueurs
actuels comme
par exemple
Liam
O'Flynn.
Cependant, depuis les
années
1980, le Uillean pipes
connaît un
succès
sans
cesse croissant
tant du point de vue des luthiers que des pratiquants en
Irlande
et dans toute l'Europe. On peut citer notamment des facteurs non
Irlandais comme Andreas Rogge en Allemagne, le Français
Alain Froment
installé en
Irlande et connu pour être un des meilleurs facteurs actuels,
Dave Williams et bien d'autres encore. Le uillean pipes est
à ce
jour utilisé dans des styles aussi variés que le
style classique
(Liam O Flynn and
Shaun Davey), la
musique
celtique
contemporaine avec Davy
Spillane, la musique traditionnelle non
Irlandaise, et même la variété
Française.
Enfin, notons que la tonalité
généralement
utilisée aujourd'hui est le
Ré
(concert pitch), mais il s'agit là d'un
développement
relativement récent sans doute dû à
l'utilisation
du uilleann pipes dans des salles de spectacle américaines
dès la fin du XIXe siècle, mais
également pour
faciliter le jeu de groupe. En effet, les modèles les plus
anciens étaient tous accordés plus bas, en
Do ou en Si
bémol.
Ronan
Le Bars au
"Uillean pipes"
