LE BAGAD

Illustration
sonore du Bagad Saint-Nazaire: 
Etymologie.
Le terme "Bagad" signifie « troupe » en breton.
Dans
l'univers de la musique bretonne, il est employé comme
abréviation de l'expression "bagad ar sonerion"
qui désigne un "groupe de sonneurs". A noter qu'il faut il
faut dire "bagadoù"
pour "des ou les bagad" sauf quand le mot est
précédé d'un cardinal comme
"plusieurs", de
"combien" ou d'un nombre. En effet, en breton, les mots ne prennent pas
la marque du pluriel....Bref, vous direz "des bagadous" mais
"combien de bagads sont ils inscrits" ? Bon, rassurez-vous, tout le
monde vous comprendra de toute façon ce qui est bien
l'essentiel
!
La jeune histoire
des Bagadou.
Contrairement
à certaines idées reçues, le
bagad n'est pas une formation traditionnelle ancienne mais une
invention très
contemporaine. En effet, les premiers... bagadoù
(hé hé!) ont été
créés au
milieu des années quarante sous l'impulsion de militaires (71
ème régiment d'infanterie de Dinan en 1947) ou bien de
civils
(Cheminots de Carhaix en 1949).
L'idée
initiale de ces "visionnaires" était
vraisemblablement de répliquer les "pipe band"
écossais
tout en les enrichissant avec les timbres d'autres instruments
traditionnels bretons selon un principe
iconoclaste
qui s'avère finalement une constante dans la musique
traditionnelle bretonne (sans doute cet esprit d'ouverture est il le
ciment de conservation de la culture musicale bretonne). Ainsi, la
cornemuse et la caisse
claire écossaise du pipe band ont
été
complétées par la bombarde
et d'autres percussions
comme
la grosse caisse ou les cymbales. Plus tardivement, on a pas
hésité à ajouter à
l'occasion, le Binioù-koz,
voire la batterie, le djembé, des cuivres, la guitare
électrique,etc.
Afin d'illustrer cet esprit
d'ouverture, nous vous conseillons l'écoute de
l'excellent disque en concert du Bagad Kemper:
"Azeliz Iza".
Cette méthode d'exploration musicale a progressivement
évolué afin d'adapter la plus grande partie du répertoire
traditionnel breton,
qu'il s'agisse de musiques de danse, de marches, voire de
mélodies issues du rock des années 70-80 (Le
groupe "Yes"
revisité par le Bagad Kemper par exemple!).
Afin
de mettre de l'ordre dans cette joyeuse équipée,
un "chef d'orchestre" est indispensable. Il s'agit du "penn-soner"
ou "sonneur en chef". Tout comme pour un orchestre symphonique, ce
dernier peut s'appuyer sur des chefs de pupitres tels que le
"penn-talabarder" pour les bombardes, le
"penn-biniaouer" pour les cornemuses et le "penn-tabouliner" pour les
percussions.
Force est donc de constater que le bagad n'est pas une formation
traditionnelle au sens strict du terme, mais une forme
récente
d'association d'instruments traditionnels bretons au service d'une
culture qui revisite et recompose de manière permanente son
patrimoine musical. Ce mouvement sans fin, ce cycle
perpétuel,
semble être la "marque
de fabrique" de la culture musicale bretonne, son essence
même depuis son récent renouveau.
L'organisation.
Afin
d'animer et fédérer l'ensemble des bagadoù
de bretagne, une fédération a
été créée. Il s'agit de la
fameuse "B.A.S" ou "Bodadeg ar
Sonerion" (Assemblée des Sonneurs) qui regroupe
la quasi-totalité des bagadoù de bretagne. La section
B.A.S Divroët (« expatrié
» en breton).
fédérant quant à elle les
bagadoù sévissant hors de
Bretagne.
La B.A.S organise un véritable championnat des bagadoù et
établit un classement annuel réparti sur cinq catégories
(comme des divisions de football!). Le prix le plus convoité
est sans aucun doute celui du Festival
interceltique de Lorient.
Liens.
Pour
en
découvrir plus les Bagadous:
Pour
ceux qui souhaitent réutiliser ces informations, la page est
disponible au format Pdf
d'Acrobat Reader:

